La Ligue du Droit International des Femmes se bat sans relâche pour l’égalité femmes-hommes, pour une humanité des droits indivisible !

La Ligue du Droit International des Femmes se bat sans relâche pour l’égalité femmes-hommes, pour une humanité des droits indivisible ! Son combat pour la neutralité dans le sport est une des dimensions phares de son action, et tout particulièrement d’Annie Sugier, sa Présidente (Signataire de l’Appel pour des Etats Généraux du Combat Laïque).
-La neutralité dans le sport, un enjeu républicain-
“La question est d’importance. Pour au moins trois raisons
En premier lieu, le sport s’adresse en priorité à la jeunesse : il s’agit du phénomène culturel le plus populaire au monde. Ainsi, par exemple, les JO sont regardés par près de 4 milliards de personnes. La surmédiatisation de personnalités sportives en fait des influenceurs du comportements des jeunes. Or justement ce sont les jeunes que nous voulons toucher car il y a dans la compréhension du sens de la laïcité une fracture générationnelle comme le montrent de récentes enquêtes d’opinion.
En second lieu, parce que le sport a une fonction éducative, par l’apprentissage du respect de la règle commune fondée sur des principes techniques mais aussi éthiques fondamentaux universels, selon les termes de la Charte Olympique. Cette Charte, qui s’applique à tous les sports olympiques, énumère parmi les principes éthiques la non-discrimination et la neutralité (règle 50.2), interdisant toute démonstration ou propagande politique, religieuse ou raciale dans les lieux olympiques La règle de neutralité – si on a la volonté de l’appliquer strictement- est un outil plus puissant que la laïcité dite « à la française » car elle vise une large palette de convictions, et s’impose aussi bien à l’encadrement qu’aux athlètes, dans un espace public et aux niveaux national et international.
Enfin, la troisième raison pour laquelle il faut attacher de l’importance au sport, c’est qu’il est devenu un espace de radicalisation islamiste. Or les pouvoirs publics ont mis du temps à s’en apercevoir.
Souvenons-nous qu’avec l’apparition du chômage de masse, de la ghettoïsation touchant principalement les populations immigrées, et la montée des violences dans les cités « sensibles », le sport est apparu comme un outil de pacification et de redynamisation de ces cités. La fin des années 80 marquera d’ailleurs un tournant avec la création d’un ministère d’État chargé de la politique de la ville qui travaillera en coopération avec le ministère des Sports. Son action visera essentiellement la jeunesse masculine dont on craint la violence.
Du coup, les pouvoirs publics passeront à côté de l’offensive islamiste qui promeut une vision de la société en contradiction avec les valeurs républicaines, notamment d’égalité et de mixité femmes hommes, ce qui se traduira par des conditions posées à la pratique du sport par les filles : corps couvert ou espaces séparés.
Les alertes que nous lancerons dès les années 1990, ne seront pas entendues. Même en mars 2015, alors que viennent d’avoir lieu les attentats sanglants de Charlie et de l’Hyper casher, le Comité Interministériel à l’Égalité et à la Citoyenneté sur la République en actes approuve un projet de riposte républicaine comprenant un « Plan Citoyens du sport » fondé sur la croyance d’une valeur naturellement intégratrice du sport. Ce n’est qu’à l’été de cette même année, avec la note du SCRT (Service central du renseignement territorial) intitulée Le sport amateur vecteur de communautarisme et de radicalité, et l’année suivante avec le livre de Médéric Chapitaux « le sport, une faille dans la sécurité de l’Etat », que les pouvoirs publics commenceront à se préoccuper du sujet.
Cette prise de conscience reste cependant incomplète. Tout d’abord, la priorité est donnée au signalement des personnes susceptibles de passer à l’acte violent et non aux moyens de combattre une idéologie séparatiste, ce qui permettrait de s’adresser à tous et notamment aux filles et aux femmes qui sont au cœur du projet de société séparatiste. De plus, l’on ne se préoccupe pas des évolutions internationales sur ces questions alors que le niveau décisionnel en matière de sport est l’international. Un espoir : la préparation des Jeux de Paris 2024 devrait être l’occasion d’exiger une stricte application de la Charte Olympique et notamment de la règle 50.2.”
(Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit International des Femmes, intervention en introduction de la conférence du Grand Orient De France du 28 juin 2021)