L’ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES

Voilà une dédicace aux Etats généraux du Combat Laïque. Alors que l’écoféminisme, qui se revendique racisé, est porté par des écolos « bon teint » qui veulent remplacer l’égalité républicaine par le multiculturalisme, il est temps de rappeler ce qu’est le combat pour l’égalité entre les sexes. Loin du relativisme des cultures mythifiées comme des races, et du retour des tribus, dont les traditions portent en elles par excellence un apartheid sexuel que seules les démocraties ont su déjouer, la France, grâce à sa République laïque égalitaire est pleine de promesses. Mais il reste encore du pain sur la planche. Écoutons ce beau penseur des Lumières qui a donné le cap sur le sujet, un certain Marquis de Condorcet.
Guylain Chevrier, signataire de l’Appel pour des Etats Généraux du Combat Laïque
 
Sur le rapport à l’égalité des sexes, le texte de Condorcet qui suit, « Sur l’admission des femmes au droit de cité » (3 juillet 1790), de portée universelle, marque le tournant d’une pensée de l’Homme qui reste une question essentielle pour l’évolution à venir des sociétés :
 
« L’habitude peut familiariser les hommes avec la violation de leurs droits naturels, au point que, parmi ceux qui les ont perdus, personne ne songe à les réclamer, ne croie avoir réprouvé une injustice. Il est même quelques-unes de ces violations qui ont échappé aux philosophes et aux législateurs lorsqu’ils s’occupaient avec le plus de zèle d’établir les droits communs des individus de l’espèce humaine, et d’en faire le fondement unique des institutions politiques. Par exemple, tous n’ont-ils pas violé le principe d’égalité des droits en privant tranquillement la moitié du genre humain de celui de concourir à la formation des lois, en excluant les femmes du droit de cité ? (…) Il serait difficile de prouver que les femmes sont incapables d’exercer les droits de cité. Pourquoi des êtres exposés à des grossesses et à des indispositions passagères ne pourraient-ils pas exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers et qui s’enrhument aisément ? (…) On ajoute qu’aucune femme n’a la même étendue de connaissances, la même force de raison que certains hommes ; mais qu’en résulte-t-il, qu’excepté une classe peu nombreuse d’hommes très éclairés, l’égalité est entière entre les femmes et le reste des hommes ; que cette petite classe mise à part, l’infériorité et la supériorité se partagent également entre les deux sexes. (…) Elles savent, comme les hommes, aimer la liberté, quoiqu’elles n’en partagent point tous les avantages ; et, dans les républiques, on les a vues souvent se sacrifier pour elle : elles ont montré les vertus de citoyen toutes les fois que le hasard et les troubles civils les ont amenées sur une scène dont l’orgueil et la tyrannie des hommes les ont écartées chez tous les peuples. (…) Ce n’est pas la nature, c’est l’éducation, c’est l’existence sociale qui causent cette différence (…)
Il est donc injuste d’alléguer, pour continuer de refuser aux femmes la jouissance de leurs droits naturels, des motifs qui n’ont une sorte de réalité que parce qu’elles ne jouissent pas de ces droits. »
 
C’est en 1944 qu’on accorde aux femmes le droit de vote. En 1965, suit la liberté d’ouvrir un compte en banque sans avoir besoin de l’autorisation de son époux ou de son père. En 1967 le droit à la contraception. L’autorité parentale conjointe en 1970. La pleine possession par les femmes de leur corps, avec le droit à l’IVG en 1975…
 
 
VOILA DEUX DES PROPOSITIONS DES ETATS GENERAUX DU COMBAT LAIQUE :
Égalité femmes-hommes
  • L’égalité entre les sexes en droit est affirmée dans le préambule de la Constitution de la IVe République, repris par la Ve. Il faut faire respecter ce principe partout sans concession, et que l’État joue pleinement son rôle pour interdire les pratiques religieuses ou traditionnelles discriminatoires qui dégradent la dignité des femmes.
  • Abrogation des accords bilatéraux avec les pays imposant des contraintes religieuses à des Français épousant en France l’un de leurs ressortissants (conversion, certificat de coutume, etc.)